­ ­ ­ ­ ­

Retour à la liste des extraits

LES ECHOS du 21 juil. 2010  La France et l'Espagne peinent à renforcer leurs échanges gaziers

La construction d'une interconnexion gazière entre la Catalogne et le sud de la France est repoussée à un futur indéterminé. Ce projet d'environ 1 milliard d'euros n'a pas suscité l'adhésion des gaziers. Un échec pour Bruxelles.

L'Europe du gaz se construit décidément à petits pas. A l'issue d'une consultation des gaziers européens, le projet d'interconnexion Midi-Catalogne (MidCat) n'a pas trouvé preneur.

Proposé par les régulateurs français et espagnols et soutenu par Bruxelles, cet énorme programme de 1 à 1,3 milliard d'euros devait permettre de relier la Catalogne au sud de la France, en passant par l'est des Pyrénées. [...]
La construction de MidCat aurait permis de transporter un volume de 7,3 milliards de mètres cubes de gaz par an entre l'Espagne et la France, soit un peu moins de 15 X de la consommation totale française. [...]

« L'objectif de cette consultation était de renforcer les interconnexions entre la France et l'Espagne et de permettre un flux entre le Nord et le Sud, mais surtout entre le Sud et le Nord et de créer ainsi un grand réseau gazier européen », explique le président de la Commission de régulation de l'énergie, Philippe de Ladoucette.

Le résultat est largement en dessous des attentes des régulateurs. [...]
Pourquoi un tel échec ? [...]

Pour certains, le coût du projet et le manque de soutien de Bruxelles expliquent en partie cet échec.
« La consultation devrait être relancée d'ici à un ou deux ans avec une aide financière de Bruxelles plus importante», estime le directeur de Gas Natural Europe, Luis Bertran. La crise économique espagnole et la nécessité de s'engager sur des réservations de capacités pendant dix ans ont peut-être aussi effrayé les acteurs espagnols.
Le constat est identique en France. « Les fournisseurs alternatifs n'ont pas de vision suffisamment précise sur les futurs tarifs appliqués par TIGF et GRT Gaz, ni sur la fusion ou non des zones, pour s'engager sur ces capacités de long terme », explique Bruno Millot, directeur approvisionnement et acheminement chez Altergaz.[...]

« Les consultations de marché constituent un mécanisme intéressant, mais celui-ci atteint parfois ses limites lorsqu'il s'agit de répondre à des besoins de sécurité d'approvisionnement. L'Europe doit avoir une réflexion dans ce sens parce que le marché ne peut pas tout, surtout lorsqu'il s'agit d'investissements très lourds», estime Philippe de Ladoucette.

Emmanuel Grasland

Retour à la liste des extraits

Filtrer la revue de presse

Sélectionner un critère

Alerte info !

Recevez les actualités Altergaz dans votre boîte mail